Un jeûneur : Jean-Sébastien Ingrand, pasteur UEPAL et chargé de mission pour la justice climatique

Un jeûneur : Jean-Sébastien Ingrand, pasteur UEPAL et chargé de mission pour la justice climatique

Quelle(s) conviction(s) vous ont engagé(e) à participer à ce jeûne pour le climat ?

Le propre de la foi chrétienne est d’apporter une dimension spirituelle face à la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité. C’est ma conviction très profonde. Mon engagement en découle : un jeûne est forcément vécu dans et par l’Esprit.

Comment voulez-vous donner forme à votre jeûne pour le climat ?

C’est d’abord une démarche intérieure avec une dimension individuelle. Mais, évidemment, il s’agit d’un jeûne pour ce qui implique le collectif. La communion avec d’autres est essentielle. Le fait de se savoir en communion avec d’autres encore plus. Les Etats ne connaissent bien souvent que les rapports de force. De ce point de vue, a prime abord, rien de plus inoffensifs que des jeûneurs pour le climat… Et pourtant… « Là, où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Cela, ce n’est pas rien.

Parler du climat signifie parler de toutes les grandes questions qui secouent notre humanité. Quel thème vous tient particulièrement à cœur et pourquoi ? Par exemple : climat et migration, climat et biodiversité, climat et paix, climat et justice sociale, etc.

Pour moi, très clairement, climat et mode de vie. Lutter contre le système technicien, cher à mon maître Jacques Ellul, implique de remettre radicalement en cause les structures mêmes, très profondes, de nos sociétés mondialisées interconnectées. Rien de plus authentiquement subversif qu’un mode de vie impliquant la frugalité ! Et, là, nous sommes au cœur de la problématique du jeûne !

Quelle question ou interpellation souhaitez-vous adresser à nos dirigeants politiques lors de la COP26 ?

Je n’attends, hélas, plus grand chose de nos dirigeants politiques… Je viens de retrouver un numéro du Nouvel Observateur, de mai 1992 avec comme accroche, en page de titre : « Les écolos sont-ils dangereux ? » Trente ans après, on retrouve exactement les mêmes titres, et sensiblement les mêmes contenus, dans la presse…

 

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