Un jour un jeûneur: Anne Soupa, écrivaine et présidente de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones et du Comité de la jupe

Un jour un jeûneur: Anne Soupa, écrivaine et présidente de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones et du Comité de la jupe

Jusqu’au 2 décembre, nous partagerons avec vous des mini-interviews de jeûneurs, qui permettront de mettre des visages sur les jeûneurs, de découvrir pourquoi ils jeûnent, comment et quelle interpellation leur jeûne porte !

Quelle(s) conviction(s) vous ont engagé(e) à participer à ce jeûne pour le climat ?

C’est la solidarité avec les générations suivantes qui me pousse. Car ce  sont elles qui celles qui affronteront de face les conséquences négatives de ce réchauffement. Déjà, avec Christine Pedotti, nous nous étions privées de l’eucharistie pendant plusieurs mois par solidarité envers les personnes divorcés remariées, au moment du Synode de la famille. Du coup, je m’étais sentie très proche de ces personnes.

Comment voulez-vous donner forme à votre jeûne pour le climat ?

Je pense inutile de faire un jeûne « qui fait mal », mais je vais essayer d’être frugale, dans une auto limitation dont la vertu est évidente. Je ne mangerai pas de ce qui perturbe les équilibres agro alimentaires : la viande, les fruits et légumes hors de saison, car ils consomment plus d’énergie. Jeûner, c’est aussi un travail de sensibilisation. D’une certaine façon, en jeûnant, je laisse en moi de la place pour ce sujet, je le laisse m’envahir. C’est une modalité particulière de l’expérience de solidarité. Une sorte de temps privilégié.

Parler du climat signifie parler de toutes les grandes questions qui secouent notre humanité. Quel thème vous tient particulièrement à cœur et pourquoi ? Par exemple : climat et migration, climat et biodiversité, climat et paix, climat et justice sociale, etc.

La question qui me touche est celle de la justice, donc de la paix. Un climat qui fait souffrir, affame, rend malade, ou fait mourir du fait des autres, est un facteur de guerre évident.

Nous n’avons pas le droit de dire « c’est la malchance » et de nous en désintéresser. Il y a une conscience du bien commun à faire grandir entre nous tous.

Quelle question ou interpellation souhaitez-vous adresser à nos dirigeants politiques lors de la COP24 ?

Je voudrais bien leur soumettre l’idée d’un « climat juste », c’est-à-dire d’un climat « garanti », qui assure à chacun de ne pas vivre dans l’insécurité des crues, du feu, de la désertification, des virus, ou de l’envahissement par la mer. Je trouverai cette idée belle et mobilisatrice.

Ceci impliquerait une instance qui étudierait les types de dérèglement dont sont victimes certains pays et aurait le droit de sanctionner ceux dont le comportement influe sur le dérèglement.

Bien sûr le rôle de cette instance devrait être consultatif pendant quelques années avant d’être coercitif.

Partager :