Un jour un jeûneur: Benjamin Barret de la communauté du centre Béthanie en membre de la Communion des Églises Orthodoxes Occidentales

Un jour un jeûneur: Benjamin Barret de la communauté du centre Béthanie en membre de la Communion des Églises Orthodoxes Occidentales

Jusqu’au 2 décembre, nous partagerons avec vous des mini-interviews de jeûneurs, qui permettront de mettre des visages sur les jeûneurs, de découvrir pourquoi ils jeûnent, comment et quelle interpellation leur jeûne porte !

Quelle(s) conviction(s) vous ont engagé(e) à participer à ce jeûne pour le climat ?

Un certain sens de la responsabilité. Je crois en la justesse symbolique et spirituelle de la Tradition pour laquelle je me suis engagé. Cette digne royauté évoquée dans les premières pages de la Bible, que nous sommes appelés à exercer sur la création toute n’a, me semble-t-il, jamais été exercée qu’à petite échelle, voire de manière individuelle. Elle est aimante, patiente, serviable et créatrice, et ne présente aucun rapport avec la tyrannie à grande échelle dont l’humanité en voie de globalisation fait montre depuis quelques centaines d’années. Nous n’avons d’ailleurs pas tellement d’autre choix, me semble-t-il, que de se mettre au service du climat, de s’adapter à lui, maintenant que nous nous savons en mesure de l’influencer.

Je fais aussi ce jeûne par amitié pour Marion Muller-Colard.

Comment voulez-vous donner forme à votre jeûne pour le climat ?

J’associe cette intention pour le climat à un jeûne déjà prévu ce premier week end de décembre dans le cadre d’une retraite en groupe pour le temps de l’Avent. Sans doute me contenterai-je de boire de l’eau du jeudi soir au lundi matin. Je respecterai un certain usage orthodoxe d’associer le jeûne à la prière et à l’aumône. Ma seule nourriture devrait être le corps et le sang du Christ dimanche, et l’argent économisé en nourriture sera donné à qui en aura plus besoin que moi.

Le jeûne, auquel je suis habitué depuis peu d’années, consiste en la possibilité de se passer de nos nourritures habituelles, et d’en trouver de plus subtiles. C’est une expérience « thérapeutique » de joie. Je dédie cette joie au monde.

Parler du climat signifie parler de toutes les grandes questions qui secouent notre humanité. Quel thème vous tient particulièrement à cœur et pourquoi ? Par exemple : climat et migration, climat et biodiversité, climat et paix, climat et justice sociale, etc.

Les incidences climatiques sur les flux migratoires, la justice ou l’espérance sont évidents. Mais je me sens particulièrement touché par le thème « climat et beauté ». La saveur de l’instant présent, quel qu’il soit, l’expérience immédiate de ce qui nous touche et nous transforme réellement, nous fait oublier pour un temps suffisant nos inquiétudes ou nos responsabilités petites ou grandes, me semble être une condition nécessaire à la perspective d’un mieux-être global.

Quelle question ou interpellation souhaitez-vous adresser à nos dirigeants politiques lors de la COP24 ?

J’attire l’attention de tous sur le chant des oiseaux.

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