Un jeûneur: Victor Ludwig, pasteur en formation au sein de la vallée de Munster

Un jeûneur: Victor Ludwig, pasteur en formation au sein de la vallée de Munster

  1. Quelle(s) conviction(s) vous ont engagé(e) à participer à ce jeûne pour le climat ?

Je n’ai encore jamais manifesté de ma vie, mais je me retrouve dans la pratique du jeûne pour protester. Tout d’abord parce qu’elle permet de se recentrer sur l’essentiel. Croyant, je jeûne souvent à l’approche de Pâques pour faire une rupture une fois dans l’année, où chaque jour j’ai eu assez à manger. Le jeûne me donne un esprit plus clair et vif et me permet de faire la part des choses dont j’ai réellement besoin. Mettre cet outil au service de la protestation climatique me semble vital. Le besoin de sobriété, de retour à l’essentiel et de réflexion autour de la Création me semble aujourd’hui plus que nécessaire. Que ce soit pour nos églises ou le monde en général.

2. Comment voulez-vous donner forme à votre jeûne pour le climat ?

Je participe et soutiens les deux projets de jeûnes lancés dans la vallée de Munster. Celui avec notre groupe de jeunes lors de notre week-end de rencontre à la Schildmatt. Le dimanche de notre sortie avec Campus, nous proposons un jeûne pour prendre le temps d’ouvrir nos yeux: Au milieu de la Vallée de Munster la nature commence à porter les signes du changement climatique : nos forêts meurent avec des épicéas desséchés, attaqués par les scolytes. Ensuite nous nous retrouvons avec l’ensemble des acteurs des paroisses pour deux jours d’action, de rencontre et de discussion.

3. Parler du climat signifie parler de toutes les grandes questions qui secouent notre humanité. Quel thème vous tient particulièrement à cœur et pourquoi ? Par exemple : climat et migration, climat et biodiversité, climat et paix, climat et justice sociale, etc.

La chute de la biodiversité m’inquiète au plus haut point. Que nos forêts, nos prairies se vident de leurs occupants, de leurs vies me rend triste face à l’avenir.  Inspiré par la philosophie du Respect de la Vie d’Albert Schweitzer, je vois en chaque arbre, chaque animal un frère et une sœur doué de vie. Cette philosophie m’accompagne au quotidien dans mon travail et mon engagement. J’essaie au quotidien à travers le jardin d’Eden, un jardin partagé, de sensibiliser les jeunes au travail de la terre dans le respect de celle-ci. J’essaie de montrer que nous pouvons manger, habiter sur cette terre sans lui faire du mal, elle qui nous nourrit chaque jour.

4. Quelle question ou interpellation souhaitez-vous adresser à nos dirigeants politiques lors de la COP26?

Qu’ils sont des habitants comme nous, des habitants de cette terre. Qu’ils sont en partie responsables du pêché écologique en train de se dérouler de plus en plus visiblement devant nos yeux. Je les invite à chercher le pardon, source de remise en question et d’action de grâce envers la Création.

 

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